road_vous_etes_ici
Accueil > Outils pédagogiques > Glossaire

Glossaire

Palais Bourbon

Bâtiment parisien situé dans le VIIe arrondissement.

Edifié entre 1722 et 1728 par Louise Françoise de Bourbon (1673-1743), il est confisqué en 1791 et devient propriété de l’Etat de façon définitive en 1827. Il accueille la Chambre des députés sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, avant d’abriter, depuis 1946, l’Assemblée nationale. Après son acquisition en 1827, l’Etat confie les travaux de restructuration et d’embellissement à l’architecte Jules de Joly (1788-1865). A cette occasion il aménage, entre autres, le Salon du Roi et une bibliothèque, dont la décoration est commandée à Eugène Delacroix peu après son retour du Maroc, à l’initiative d’Adolphe Thiers (1797-1877).

L’artiste travaille au Salon du Roi de 1833 à 1837 où il réalise, huit caissons au plafond, et quatre frises et huit pilastres ornés de figures allégoriques sur les parois. Il s’attèle ensuite au décor de la bibliothèque entre 1838 et 1847, où il peint cinq coupoles entre deux hémicycles. Le palais Bourbon constitue, dans la carrière de l’artiste, le premier d’une série de chantiers décoratifs de monuments publics parisiens, parmi lesquels se trouvent le palais du Luxembourg, les églises Saint-Denys du Saint-Sacrement et Saint-Sulpice, ou bien encore l’Hôtel de Ville de Paris.

Parqueteur

Le travail du parqueteur « consiste au redressement et à l’assemblage des panneaux disjoints, le parquetage des tableaux sur bois ou sur métal, la pose des ajoutes ou le doublage des panneaux » (Déon-Horsin S., De la conservation et de la restauration des tableaux, Paris : H. Bossange, 1851, p. 21).

Le parquetage consiste à réparer la boiserie ou à consolider la toile avec des planches.

Passe-partout

« Assemblage de papier carton constitué d’un fond sur lequel le dessin est fixé et d’une feuille d’encadrement, le plus souvent mobile, qui en permet la vision (grâce à son ouverture, dite « fenêtre » ou « vue ») et la protection (grâce à son épaisseur). »

Peinture et dessin, vocabulaire typologique et technique, 2009, vol. 1, p. 196.

Pendentif (plafond)

Trompe – petite voûte permettant de passer d’un plan circulaire à un plan carré – dont la face inférieure est de forme triangulaire concave.

Pour ses grands travaux décoratifs, Delacroix réalise un certains nombre de plafonds peints. À la bibliothèque du palais Bourbon comme à celle du palais du Luxembourg, le plafond est constitué de coupoles reposant chacune sur quatre pendentifs hexagonaux qu’il a décorés.

Physionotrace (ou phisionotrace)

Appareil mécanique qui a précédé l’invention de la photographie au XVIIIe siècle.

Inventé par Gille-Louis Chrétien (1754-1811) vers 1788, l’objectif est de répondre à l’engouement du public français pour les profils silhouettés. La machine se compose d’un viseur sans objectif, d’un système de barres parallèles articulées, le tout rattaché à un stylet. L’auteur, qui se tient de l’autre côté de l’appareil, utilise alors le stylet pour suivre les contours du profil de son modèle, contours ensuite reproduits en dessin grâce à un panthographe. Le dessin ainsi obtenu peut être réalisé sur papier ou sur une plaque gravée à l’eau-forte, afin d’en tirer plusieurs exemplaires. Une autre version de l’appareil fut conçue par l’inventeur John Isaac Hawkins (1772-1854), et diffusée en Amérique.

En dépit de l’apparition de la photographie au début du XIXe siècle, la technique semble être encore utilisée du vivant de Delacroix. En effet, dans une lettre qu’il adresse à Émile Lassalle (1813-1871), l’artiste demande à ce dernier de lui faire parvenir le calque au trait de sa Médée, effectué préalablement à l’aide d’un physionotrace.

Pincelier

« Petit recipient bas en fer-blanc, comportant une ou deux cloisons définissant des compartiments destinés à séparer les liants propres des liants sales, et à décharger les brosses durant leur utilisation. »

Peinture et dessin, vocabulaire typologique et technique, 2009, vol. 1, p. 322.

Presse (La)

Quotidien politique, agricole, industriel et commercial, fondé par le journaliste et homme politique Emile de Girardin (1806-1881) en 1836.

Le quotidien révolutionne l’histoire de la presse française : il divise par deux le prix de l’abonnement en accordant une place plus importante à la publicité. Il s’agit de l’un des premiers quotidiens parisiens à diffuser des romans-feuilletons, notamment ceux d’Honoré de Balzac (1799-1850) et d’Alexandre Dumas père (1824-1895). Touchant un très large lectorat, le tirage s’élève rapidement à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires chaque jour. L’absence de réel engagement politique permet au quotidien de s’adapter aux différents régimes qui se succèdent en France, hormis quelques très courtes suspensions entre juin et août 1848, et décembre 1857 et février 1858. Le quotidien devient hebdomadaire en 1937 et est publié jusqu’en 1952.

Emile de Girardin engage comme critique d’art Théophile Gautier (1811-1872), qui consacre son premier article aux peintures de la Chambre des députés au Palais Bourbon de Delacroix. L’écrivain y souligne l’habileté du peintre à tirer parti des contraintes imposées par le cadre architectural. Quant au peintre, il fait plusieurs fois référence au journaliste dans son Journal, et notamment en mai 1853, lorsqu’il dénonce l’intérêt du journaliste pour le labourage mécanique qui priverait, selon le peintre, les hommes de patrie.