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Valmont

L’abbaye Notre-Dame-du-Pré de Valmont (Seine-Maritime), près Fécamp, fondée en 1169 à l’initiative de Nicolas d’Estouteville, seigneur de Valmont, était desservie par des moines bénédictins venus d’Hambye (Manche)1.
Confisquée à la Révolution, l’abbaye est vendue en 1791 à un particulier, Nicolas Bataille († 1791), oncle par alliance d’Eugène Delacroix. La propriété passe ensuite à son fils Alexandre-Marie Bataille (1777-1841), cousin germain de Delacroix. A sa mort, en 1841, Louis-Auguste Bornot, un petit-cousin, en hérite par « engagement » (à ce sujet, voir Hannoosh, t. I, p. 463, note 279). Il en reste propriétaire jusqu’à son décès en 1888.
Depuis 1994, l’abbaye, accueillant des bénédictines de Lisieux, a recouvré sa vocation monastique primitive.

Delacroix fait un premier séjour à Valmont en 1813. Il a alors quinze ans et est notamment accompagné de sa mère Victoire Oeben et de sa sœur Henriette. Il y retourne en octobre 1829, puis, assez régulièrement2, visiter ses cousins, Bataille puis Bornot.

Le domaine de Valmont comportant des bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles, une église en ruine dont il reste le chœur et le transept du XVIe siècle, et un parc, offre à Delacroix un havre, pour s’isoler et travailler. Il écrit à Pierret le 30 septembre 1831 : « Je suis à Valmont, séjour de paix et d’oubli du monde entier ». Dans une lettre du 10 janvier 1814 à Félix Louvet, il décrit son « hermitage » en ces termes : « La maison est une ancienne abbaye de Bénédictins, qui, […], n’était pas peu romanesque. De grands corridors dont on voyait à peine le bout ; de petits escaliers où l’on ne pouvait passer deux de front et surtout l’antique église à moitié ruinée et où se trouvaient des tombeaux, de grandes fenêtres gothiques à obscurs vitraux, des caveaux où se trouvaient les fondations de l’abbaye, tous ces objets m’inspiraient une foule d’idées tout à fait romantiques. […] toutes ces choses […] étaient pleines de charme pour moi. J’aimais beaucoup me promener seul, en rêvant, parmi les ruines de cette église silencieuse […]. »

Au cours de ses séjours, le peintre fait des études et dessins d’après nature, dessinant notamment les tombeaux de la famille d’Estouteville, conservés dans la chapelle3 ; il en fait également des moulages avec l’aide du cousin Léon Riesener4 (voir lettre à Pierret du 19 novembre 1829). Il réalise des dessins du parc, des ruines de la chapelle, ou encore du bourg de Valmont5. En 1834, alors qu’il vient de recevoir la commande du décor du salon du Roi du Palais Bourbon, Delacroix va à Valmont s’essayer à la fresque (lettres à Frédéric Villot, 23 septembre 1834, octobre 1834). Les trois essais de fresques réalisés à cette occasion par le peintre – Anacréon et une jeune fille ; Léda et le cygne ; Bacchus – ont rejoint les collections du Musée national Eugène Delacroix en 19926. En 1849, Delacroix s’initie au vitrail, en reconstituant un verrière dans le mur de clôture de la chapelle7 (voir Journal aux 13, 17, 19 et 23 octobre 1849). Le portrait de sa tante Anne-Françoise Bornot – grand-mère de Louis-Auguste Bornot, propriétaire de Valmont –, qu’il exécute en 1822 (lettre à Henriette du 7 juin 1822) fut longtemps conservé dans un corridor de la demeure de Valmont (voir Journal au 9 octobre 1949).

 

1 Sur l’histoire de l’abbaye : http://abbayevalmont.free.fr/index.php?menu=histoire_abbaye ; voir aussi Jean Vallery-Radot, Congrès archéologique, 1926.
2 Des séjours sont documentés par la correspondance ou le Journal en août-septembre 1813 ; en octobre-novembre 1829 (Delacroix écrit alors à Pierret le 28 octobre 1829 : « J’ai retrouvé mon Valmont comme je l’avais laissé il y a quinze ans […]) ; à l’automne 1831 ; en septembre-octobre 1834 ; quelques jours en septembre 1838 et 1840 ; en octobre 1846 ; en 1847 et en octobre 1849. Par la suite, Valmont sera supplanté par Champrosay.
Plus généralement sur Delacroix à Valmont, voir : Arlette Sérullaz, « Les séjours de Delacroix à Valmont », dans Delacroix et la Normandie, catalogue d’exposition, Paris, Musée national Eugène Delacroix, 22 octobre 1993 - 24 janvier 1994, Paris, Réunion des musées nationaux, 1993, p. 28-37 ; et Annie Conan, « Delacroix à l’abbaye de Valmont », Art de France. Revue annuelle de l’art ancien et moderne, n° III, 1963, p. 271-276.
3 Voir les notices n° 1, 2, 13 à 18 du catalogue d’exposition d’Arlette Sérullaz, Delacroix et la Normandie, op. cit.
4 Jean Bergeret, « Les Bénédictines de Lisieux à Valmont. Souvenir d’Eugène Delacroix et de Léon Riesener », Le pays d’Auge, 44e année, n° 2, février 1994, p. 2-10.
5 Voir les notices du catalogue Delacroix et la Normandie, op. cit., n° 3, 20 à 29 et 39.
6 Sur les fresques et études préparatoires, ibidem, les notices n° 33 à 39. A ce sujet, voir aussi Maurice Sérullaz, « Les premières décorations murales de Delacroix », Art de France. Revue annuelle de l’art ancien et moderne, n° III, 1963, p. 265-269.
7 Mur élevé par Alexandre-Marie Bataille en 1832.

 

Vernis double

En cours d’insertion.

Vessie

« Récipient souple à l’origine en boyau puis en ou en tissu, fermé par un lacet, contenant autrefois des pigments. […] Le but était de préserver les pigments de l’air, mais comme la membrane de la vessie devenait cassante, celle-ci pouvait facilement éclater. Moins chères que les nouveaux tubes (1841), les vessies furent encore longtemps en usage, en particulier pour les laques, chez des artistes peu fortunés (jusque dans les années 1870 en Grande-Bretagne) ».

Peinture et dessin, vocabulaire typologique et technique, 2009, vol. 1, p. 320.