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Louvre, galerie d’Apollon

L’histoire de la décoration de la galerie d’Apollon, longue salle occupant le premier étage de la Petite Galerie du Louvre, s’étale sur trois siècles. Elle débute le 6 février 1661, lorsque l’ensemble de la galerie des rois est ravagée par l’incendie du décor d’un ballet donné en l’honneur de Louis XIV. Entre 1661 et 1663, Louis Le Vau se charge de reconstruire ce corps de bâtiment. En 1663, Colbert confie à Le Brun le décor de la galerie. Celui-ci en choisissant le thème d’Apollon et de la course du soleil, crée un vaste décor à la gloire du roi Soleil, intégrant peintures, sculptures et tapisseries. La galerie est laissée inachevée par le départ du roi pour Versailles où elle sert de modèle pour l’aménagement de la galerie des Glaces. Le décor peint est complété en partie entre 1766 et 1781, sous l’impulsion de l’Académie royale de peinture et de sculpture.

En 1848, dans le cadre du vaste programme de restauration engagé par le gouvernement républicain après la chute de la monarchie de Juillet, l’architecte Félix Duban entreprend une campagne importante de travaux au Louvre. La galerie d’Apollon qui menace de tomber en ruine est restaurée entre 1849 et 1850. Après le gros œuvre, les stucs et la sculpture, on décide de compléter le décor peint où deux compartiments du plafond et un tympan restent encore inachevés. En 1850, Duban choisit d’en confier la réalisation à Charles-Louis Müller, Joseph Guichard et Eugène Delacroix. Ce dernier hérite de la partie centrale du plafond, pièce maîtresse du décor de la galerie.

Frédéric Villot annonce en avril 1849 à Delacroix que Duban a l’intention de lui confier la commande (Journal, 13 avril 1849). Celle-ci n’est toutefois officiellement annoncée qu’en mars 1850. Les trois peintres se trouvent alors confrontés à la difficulté de s’intégrer à un programme préétabli dans un espace du XVIIe siècle. Müller (Aurore) et Guichard (Triomphe de la Terre ou de Cybèle) décident de suivre l’intention primitive de Le Brun dont les ébauches sont connues par des gravures. Bien que l’on sache que Le Brun avait prévu de représenter sur le panneau central un Triomphe d’Apollon, en l’absence de gravure de sa part, Delacroix était laissé libre dans le choix de sa composition.

Delacroix imagine dans un premier temps une décoration sur le thème des Nymphes de la mer dételant les coursiers du Soleil, mais opte finalement pour Apollon vainqueur du serpent Python, sujet tiré du livre I des Métamorphoses d’Ovide. La scène représentée se situe après le déluge provoqué par Jupiter pour punir les hommes, au moment où les eaux se retirent et découvrent un ensemble de monstres informes engendrés par le limon. Delacroix, dans un programme envoyé à ses amis, en donne une description précise :

« Le dieu, monté sur son char, a déjà lancé une partie de ses traits ; Diane sa sœur, volant à sa suite, lui présente son carquois. Déjà percé par les flèches du dieu de la chaleur et de la vie, le monstre sanglant se tord en exhalant dans une vapeur enflammée les restes de sa vie et de sa rage impuissante. Les eaux du déluge commencent à tarir, et déposent sur les sommets des montagnes ou entraînent avec elles les cadavres des hommes et des animaux. Les dieux se sont indignés de voir la terre abandonnée à des monstres difformes, produits impurs du limon. Ils se sont armés comme Apollon ; Minerve, Mercure, s’élancent pour les exterminer en attendant que la Sagesse éternelle repeuple la solitude de l’univers. Hercule les écrase de sa massue ; Vulcain, le dieu du feu, chasse devant lui la nuit et les vapeurs impures, tandis que Borée et les Zéphyrs sèchent les eaux de leur souffle et achèvent de dissiper les nuages. Les Nymphes des fleuves et des rivières ont retrouvé leur lit de roseaux et leur urne encore souillée par la fange et par les débris. Des divinités plus timides contemplent à l’écart ce combat des dieux et des éléments. Cependant du haut des cieux la Victoire descend pour couronner Apollon vainqueur, et Iris, la messagère des dieux, déploie dans les airs son écharpe, symbole du triomphe de la lumière sur les ténèbres et sur la révolte des eaux. » (Jobert, 1997, p. 215-216)

Rapidement, entre avril et juin 1850, Delacroix élabore sa composition. Dès septembre 1850, elle est mise au carton mais il doit interrompre son travail jusqu’en janvier pour se consacrer au jury du Salon. Avec l’aide d’Andrieu, il réalise ensuite la peinture dans l’atelier de Séchan, peintre décorateur d’opéra. La dimension monumentale de son décor le contraint néanmoins à travailler par bouts, sur la toile pliée. Le choix de l’huile sur toile, technique exceptionnelle dans ses travaux de décoration, lui permet de mieux harmoniser son œuvre avec le reste de la galerie.

Malgré un travail acharné, l’œuvre n’est pas achevée pour l’inauguration du 5 juin 1851. Delacroix, épuisé par son labeur, finit sa toile en août. Celle-ci, une fois sèche, est mise en place dans la galerie courant octobre.

Le plafond peint par Delacroix pour la galerie d’Apollon reçoit un accueil très enthousiaste des critiques. On reconnaît à Delacroix l’honneur d’avoir rivalisé par cette vaste composition avec Charles Le Brun, alors considéré comme le plus grand peintre français de décor. Dans cette peinture il réussit à retrouver l’esprit du Grand Siècle, s’éloignant quelque peu de l’influence de l’école vénitienne (Véronèse), pour aller puiser chez Rubens et Le Brun lui-même.

Récemment, entre 2001 et 2004, la galerie a été restaurée afin de rétablir l’harmonie d’ensemble que le projet de Duban avait réussi à donner au XIXe siècle.

Voir Geneviève Bresc-Bautier (dir.), La galerie d’Apollon au palais du Louvre, Paris, Gallimard-Musée du Louvre, 2004 et Jobert, 1997, p. 213-218.

Luxembourg (Musée)

Institution culturelle publique créée en 1818 par Louis XVIII.

Alors que le musée du Louvre était destiné à abriter les œuvres des maîtres anciens, celui du Luxembourg a pour objectif d’accueillir les œuvres des artistes vivants. Le règlement prévoyait que les œuvres y restent accrochées dix ans après la mort de l’artiste, avant de rejoindre les collections nationales du Louvre, ou d’autres institutions. Au début de son histoire, la majorité des collections du musée sont constituées à partir des achats de l’Etat au Salon, et il faut attendre les années 1880 pour que celles-ci viennent s’enrichir d’œuvres esthétiquement plus innovantes, notamment grâce à des collectionneurs privés comme le legs Caillebotte en 1896. Destiné à être un reflet de la création contemporaine, le musée est remplacé à sa fermeture en 1937 par le musée national d’Art moderne.

Les œuvres d’Eugène Delacroix achetées par l’Etat sont assez rapidement accrochées au Musée du Luxembourg. La première de ses œuvres à rentrer au musée est la première qu’il expose au Salon, Dante et Virgile, acquise par l’Etat en 1822. Une entrée dans le journal de l’artiste atteste qu’elle sera exposée la même année (3 septembre 1822). Parmi les autres toiles qui entrent dans les collections nationales on trouve La Liberté guidant le peuple achetée en 1831 et entrée au musée en 1836, Les femmes d’Alger dans leur appartement, achetée au Salon de 1834 et entrée au musée la même année. Les deux toiles sont désormais exposées au Louvre, où elles ont été transférées en 1874.

Luxembourg (palais du)

Bâtiment parisien situé dans le VIe arrondissement.

Ancienne résidence royale, le palais du Luxembourg a été édifié par Marie de Médicis. Inspiré de l’architecture des palais florentins, et plus particulièrement du palais Pitti, l’ouvrage est réalisé selon les plans de Salomon de Brosse (1571-1626) à partir de 1616. Parmi les artistes qui travaillent à la décoration de l’édifice, on retrouve les noms de Rubens, Poussin et Philippe de Champaigne. Sous la Révolution française, le palais est transformé en prison, avant de devenir, durant la Restauration, le siège de la Chambre des Pairs, que l’on nommera Sénat à partir du Second Empire. Après la campagne de travaux menée par l’architecte Jean-François Chalgrin (1739-1811) entre 1799 et 1805, Alphonse de Gisors est chargé en 1834 d’un vaste programme d’agrandissement autour de la construction de la Salle des séances et de la bibliothèque. La décoration de la bibliothèque est confiée à Eugène Delacroix en septembre 1840. Il y travaille jusqu’en 1846, et y réalise un hémicycle encadrant le haut de la fenêtre, où figure Alexandre faisant enfermer les poèmes d’Homère dans un coffret d’or, une coupole représentant Dante et les esprits des grands hommes et quatre pendentifs hexagonaux. L’ouvrage, qui s’inscrit dans la tradition héritée des grands décors italiens des XVIe et XVIIe siècles, reçoit un accueil très favorable.

Lycée impérial (actuel Lycée Louis-le-Grand)

Lycée parisien situé rue Saint-Jacques, dans le Ve arrondissement.

Dispensant actuellement un enseignement secondaire et supérieur, il s’agit de l’ancien collège de Clermont fondé par les Jésuites au XVIIe siècle. Le nom de Louis-le-Grand lui est donné en 1682 en l’honneur de Louis XIV. Occupé par les troupes françaises pendant la Révolution, rebaptisé « Collège Egalité », il est partiellement transformé entre 1792 et 1794 en prison politique.

Etablissement modèle, il est le premier en France à recevoir le titre de Lycée, en devenant Lycée impérial en 1805. Il faut attendre la Troisième République et 1873 pour qu’il prenne définitivement le nom de Lycée Louis-le-Grand.

Eugène Delacroix intègre le lycée en 1806, lors de son arrivée dans la capitale avec sa mère. Il y reçoit une éducation classique qu’il suit avec application pendant dix ans, sans pour autant briller lors de ses études, comme l’atteste ses résultats et certains de ses cahiers de classe. Les nombreux croquis, arabesques et caricatures qui ornent les pages de versions et de thèmes latins attestent déjà de ses préoccupations formelles. C’est notamment au Lycée impérial qu’il rencontre certains des amis proches qu’il gardera tout au long de sa vie, comme l’écrivain Philarète Chasles (1798-1873).